L’Assemblée nationale a officiellement adopté la proposition de loi instaurant un droit à l’aide à mourir par 299 voix contre 226, validant ainsi la création d’un dispositif encadré de suicide assisté et, à titre exceptionnel, d’euthanasie.
Une majorité des députés ont confirmé les cinq conditions strictes pour y accéder, à savoir être majeur, de nationalité française ou résident stable, souffrir d’une affection grave et incurable avec un pronostic vital engagé à court ou moyen terme, présenter des souffrances physiques ou psychologiques réfractaires ou insupportables, et être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée.
Parallèlement, une seconde proposition de loi visant à garantir un accès universel et renforcé aux soins palliatifs a été votée à l’unanimité, prévoyant notamment la création de maisons d’accompagnement pour offrir une alternative entre l’hôpital et le domicile.
Depuis de nombreuses années mon engagement au sein de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité n’est pas une simple adhésion militante mais le reflet d’une conviction profonde et intime selon laquelle la liberté de choisir sa fin de vie constitue l’ultime droit de l’être humain.
Ce combat que nous portons collectivement avec l’ADMD depuis tant de décennies trouve aujourd’hui un écho sans précédent à l’Assemblée nationale où le travail courageux d’Olivier Falorni en tant que rapporteur général permet enfin d’envisager une loi de liberté et de compassion.
En suivant les débats actuels je mesure le chemin parcouru depuis les premières mobilisations car voir les députés se prononcer en faveur d’une aide à mourir est une victoire pour la dignité de chacun face à des souffrances que la médecine ne peut parfois plus apaiser.
Pourtant ce moment historique reste fragile puisque le texte qui doit encore repasser par le Sénat n’est pas encore adopté définitivement et subit les assauts d’une opposition conservatrice menée par les Républicains et le Rassemblement National qui tentent de freiner cette loi sous couvert d’arguments moraux.
À l’inverse le fort soutien de tous les groupes de gauche et d’une majorité des centristes nous rappelle que l’autonomie du patient doit primer sur toute autre considération idéologique car personne ne devrait être contraint à une agonie.
Ce texte défendu par Olivier Falorni n’est pas une rupture avec le soin mais le prolongement naturel de l’accompagnement palliatif offrant une issue là où il ne reste que la douleur.
Ma fidélité à cette cause est plus vive que jamais car au-delà des joutes parlementaires il s’agit de protéger notre droit le plus fondamental celui de rester maître de son destin jusqu’au bout du chemin.
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