Le 3 juin 2026, l’Assemblée nationale a examiné et adopté en première lecture un texte de loi visant à réduire progressivement, puis à interdire le cadmium, un métal lourd toxique présent notamment dans les engrais phosphatés.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe le cadmium parmi les 10 produits chimiques les plus préoccupants pour la santé publique. De plus, le cadmium est classé comme cancérogène avéré (groupe 1) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) depuis 1993.
Les effets de ce métal lourd, issu des activités industrielles et agricoles, sont terrifiants :
- Il traverse le placenta et peut provoquer des malformations congénitales ainsi que des troubles du développement chez l’embryon, même à faible dose.
- Une exposition chronique — via l’alimentation (céréales, pain, pâtes, riz) — entraîne des lésions rénales irréversibles, une dégénérescence osseuse et augmente les risques de cancers du poumon, de la prostate et du rein.
Les scientifiques alertent depuis des années : le cadmium s’accumule dans les sols et contamine la chaîne alimentaire. Les engrais phosphatés, largement utilisés en agriculture, en sont une source majeure. Une fois absorbé par les plantes, il se retrouve dans nos assiettes, avec des conséquences à long terme pour des millions de consommateurs. C’est un poison invisible aux conséquences dramatiques.
Après des années d’alertes de la part des scientifiques et des mois de lutte politique, ce texte, porté à l’origine par le député écologiste Benoît Biteau et soutenu par Clémentine Autain (L’Après), a bénéficié d’un large soutien transpartisan : Toute la gauche (Écologistes, LFI, PS, PCF) et une partie importante des groupes du centre et de la droite (Renaissance, MoDem, Horizons).
Le vote global s’est soldé par 144 voix pour et 22 contre.
Les députés RN, parmi lesquels Robert Le Bourgeois, député de la Xe circonscription de Seine Maritime, ont massivement voté contre ce texte, confirmant une fois de plus un positionnement en faveur des lobbies industriels plutôt que de la protection des citoyens.
Le texte doit désormais être transmis au Sénat pour la suite de son parcours législatif.

Poster un Commentaire