Être élu à Yvetot : le temps de l’engagement, au cœur de la vie réelle

C’est une sensation qui s’installe sans bruit. Celle de ne plus s’appartenir tout à fait. Faire de la politique, ici à Yvetot, ce n’est pas discourir sur des concepts abstraits, c’est d’abord une affaire de présence. C’est aider les gens.

On entre en mairie comme on entre dans une vie d’engagements, avec la certitude de l’utilité, mais sans mesurer le poids des réunions et des dossiers. Il y a la complexité technique, les chiffres que l’on finit par apprivoiser mais qu’on ne possède jamais totalement. Très vite, on comprend que la politique locale touche la vie réelle. Celle des familles, des aînés, des jeunes, des commerçants, des associations.

Je mène ce mandat de front avec ma vie de professionnel, de père et d’aidant. Oui, l’engagement demande du temps dérobé aux siens. Après la journée de travail, les soirs de semaine se fragmentent : conseil municipal, conseil communautaire, commissions, CCAS, Mission Locale… Mes enfants me disent parfois : « Tu es encore en réunion » ou « Tu n’es jamais là ». C’est dur d’entendre cela.

Chaque dossier bouclé porte en lui le poids de ces heures au détriment à ma famille, ce qui leur confère à mes yeux une valeur toute particulière car derrière l’austérité des chiffres et la longueur des réunions se dessinent des victoires concrètes pour Yvetot.

Je passe d’une salle de réunion à une autre avec le sentiment d’être à ma place, passionnément. J’essaie d’agir pour contribuer à « changer la vie des gens » ou du moins améliorer celle du plus grand nombre. Je me sens parfois pris dans un étau avec d’un côté, l’impression de garder la maîtrise, de l’autre, la réalité d’un rôle de père qui s’effiloche entre deux réunions. Je suis là physiquement, mais mon esprit est resté au conseil, sur un chiffre, sur un débat, sur une tension. Cela transforme mon foyer en un lieu de passage, un port où je ne fais que me ravitailler avant de repartir.

Je me justifie. Je me dis que c’est pour « la ville », pour « les gens ». Mais au fond, il reste ce sentiment frustrant de ne pas arriver à convaincre, de ne pas prendre la bonne décision pour l’opposition et ne jamais être assez présent pour les siens. J’habite cet entre-deux, avec la fierté du travail accompli et la nostalgie des heures perdues.

Au détour d’une rue ou d’un dossier, je ne peux s’empêcher de songer à Annie Ernaux, dont les mots ont si bien analysé l’âme d’Yvetot. Comme dans ses récits, la vie municipale est une superposition de strates : des lieux qui se transforment, des commerces qui naissent et disparaissent, des visages qui traversent les années.

Mais au cœur de ces changements demeure une volonté farouche, ne pas laisser notre ville perdre le fil de ce qui la relie. Administrer Yvetot, c’est prolonger cette « écriture de la vie » par des actes concrets. C’est une histoire qui se construit chaque jour.

Tout n’a pas été simple durant ce mandat. Il y a eu l’imprévisible : la crise sanitaire, la guerre en Ukraine et l’explosion du prix des matières premières, les problèmes de santé et la démission de notre ancien maire Emile Canu. Des événements qui imposent d’autres rythmes.

Pourtant, beaucoup a été fait ou s’achève : https://fiersdyvetot.fr/

Ce n’est pas l’œuvre d’une seule personne, mais celle d’une équipe qui a su durer, se renouveler et convaincre les autres collectivités de l’accompagner.

À l’approche des élections, la critique est facile. C’est la musique habituelle. Pourtant, il existe une vérité silencieuse : celle des votes. Dans le secret des commissions, ceux qui nous dénigrent aujourd’hui ont souvent approuvé nos projets hier. Face à cette posture, nous opposons la clarté et la cohérence de l’équipe « Fiers d’Yvetot ».

Les élections municipales approchent désormais à grands pas. Le paysage politique se dessine avec quatre listes à Yvetot. Une liste dite « de droite unie », deux listes dites « citoyennes » — l’une notamment dont est membre un ancien maire d’Yvetot de droite, l’autre mêlant entre autre des personnalités de droite, de gauche avec des membres de LFI — et enfin la liste de la majorité sortante (Divers Gauche), « Fiers d’Yvetot » à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir.

C’est la démocratie. Elle demande de la clarté, de la mémoire et, surtout, de la présence.

On me demande parfois si le jeu en vaut la chandelle. Si ces heures dérobées à ma famille, ces débats techniques et ces tensions de campagne ne sont pas un prix trop élevé.

La réponse se trouve au détour d’une rue d’Yvetot, dans un projet qui sort de terre ou dans le regard d’un jeune accompagné par la Mission Locale. Administrer notre ville, ce n’est pas seulement gérer des budgets, c’est prendre soin d’un tissu vivant, c’est empêcher que le présent ne s’effiloche.

Aujourd’hui, je suis fier du travail accompli pour Yvetot.

Fiers que notre équipe ait maintenu la solidarité, soutenu les associations, maintenu les services publics, accompagné les plus fragiles et préparé l’avenir.

Je choisis ainsi de continuer ce travail avec l’équipe « Fiers d’Yvetot », menée par notre maire, Francis Alabert et sa première Adjointe, Virginie Blandin.

Rien n’est jamais acquis, et c’est tant mieux, cela nous oblige à l’humilité et à l’action. Pour Yvetot, pour ses habitants, et pour l’idée que je me fais d’un engagement sincère.

 

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.