Baisse de la TVA sur les carburants : Le mirage économique du RN

La proposition du RN de réduire la TVA sur les carburants est une promesse en trompe-l’œil. Derrière l’argument du pouvoir d’achat se cache une stratégie qui privilégie, au final, les profits des géants pétroliers au détriment des services publics.

Une mesure illégale, inefficace et volatile

Si cette baisse promet quelques centimes d’économie par litre, ce gain est précaire. Le prix à la pompe dépend avant tout du cours mondial du pétrole : une simple tension géopolitique suffirait à absorber cette remise fiscale. Résultat, l’État perd des recettes, mais le consommateur continue de payer cher et rien ne garantit que la baisse des coûts pour les distributeurs soit intégralement répercutée sur le prix final

De plus, la baisse de la TVA sur les carburants à 5,5 % est contraire au droit européen, qui impose un taux minimal de 15 % pour les carburants. Cette mesure serait ainsi illégale et ferait risquer à la France des sanctions de la Cour de Justice de l’UE comme cela a eu lieu pour la Pologne qui avait baissé sa TVA à 8 % en 2022.

Un gouffre financier de 12 milliards d’euros

Selon la Cour des comptes, cette mesure amputerait le budget national d’au moins 12 milliards d’euros par an.

La baisse de la TVA profiterait surtout aux gros consommateurs, tandis que le blocage des prix ou des aides ciblées (chèque énergie) permettraient de mieux soutenir les ménages modestes. Enfin, une baisse généralisée de la TVA risquerait d’aggraver le déficit public et de peser sur les budgets de la santé, de l’éducation et de la sécurité.

Pour combler ce déficit le RN propose des « économies budgétaires » et de suspendre temporairement les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) pour baisser le prix du carburant de 7 centimes le litre, cela réduirait notamment les aides à la rénovation énergétique

Complaisance envers les géants de l’énergie

Dans le même temps, le double discours du RN est flagrant. En octobre 2022, le parti de Le Pen et Bardella a voté contre la taxe sur les superprofits au niveau européen. Plutôt que de taxer les bénéfices records des pétroliers, le RN préfère affaiblir les finances publiques.

L’alternative : le blocage des prix

Contrairement à la baisse de la TVA, le blocage temporaire des prix et l’encadrement des marges ne reposent pas sur une ponction du budget national, mais sur une régulation du marché. Cette stratégie impose aux géants de l’énergie comme Total d’absorber la volatilité des cours mondiaux en rognant sur leurs marges, souvent records.

Là où la baisse de la TVA peut être « absorbée » par les distributeurs sans jamais atteindre totalement le prix de l’essence, le blocage fixe un plafond légal infranchissable. C’est l’assurance d’un prix stable, déconnecté des appétits financiers des actionnaires pétroliers.

Là où le RN propose de vider les caisses de l’État pour subventionner indirectement les pétroliers, le blocage des prix choisit de sanctuariser le pouvoir d’achat des Français en limitant la rente des plus riches.

 

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