Historique :
« V pour Vendetta » est l’adaptation cinématographique de la bande dessinée homonyme écrite par Alan Moore et illustrée par David Lloyd, qui vit le jour en 1981 dans le mensuel indépendant Warrior. Mais, celui-ci ayant fait faillite, la publication a été interrompue. Cinq ans plus tard, un roman graphique, avec le récit intégral, fut publié aux éditions DC. Vingt-cinq ans plus tard, les frères Wachowski (Matrix) et James McTeigue nous livrent probablement l’une des meilleures adaptations cinématographiques issu de l’univers du comics.
Histoire :
Londres, dans un futur proche. Evey Hammond est une ravissante jeune femme qui travaille au siège d’une chaîne de télévision nationale (BTN). Comme tout le monde, elle s’incline face au régime de terreur dans lequel l’immonde Chancelier Adam Sutler a plongé le pays. Il règne sans partage sur l’empire britannique, mais doit bientôt faire face aux agissements d’un mystérieux vengeur masqué. Celui-ci se fait appeler « V », et sauve justement Evey d’une agression dans une ruelle de la capitale, un soir de couvre-feu. Et rien ne fut plus comme avant.
Son apprentissage commença quelques semaines plus tard sous la tutelle de « V ». Evey ne connaîtrait jamais son nom et son passé, ne verrait jamais son visage atrocement brûlé et défiguré, mais elle deviendrait à la fois son unique disciple, sa seule amie et le seul amour d’une vie sans amour…
La jeune femme devient peu à peu sa seule alliée, et tente de comprendre les secrets renfermés par cet homme vêtu de noir et armé de dagues. Ensemble, ils vont tout faire pour percer les failles d’une dictature reposant sur des secrets bien cachés.

Mon avis sur le Film :
Plongez dans un Londres dystopique, sous le joug d’un régime totalitaire où la liberté d’expression n’est plus qu’un lointain souvenir. Dans cette atmosphère étouffante, un homme surgit de l’ombre. Son nom ? « V ». Son objectif ? Une vengeance implacable contre ceux qui ont instauré ce pouvoir par la peur et la corruption.
Un héritage historique explosif
Le film puise sa force dans l’histoire britannique. Le 5 novembre 1605, Guy Fawkes échouait dans sa tentative de faire exploser le Parlement. Quatre siècles plus tard, V reprend le flambeau et le masque pour achever ce que Fawkes avait commencé. Sa philosophie tient en une phrase devenue culte :
« Le peuple ne devrait pas avoir peur de son gouvernement, c’est le gouvernement qui devrait avoir peur du peuple. »
V : Un gentleman assassin
Plus qu’un simple justicier, V est un personnage d’une complexité fascinante. Derrière son masque figé, qui dissimule un passé marqué par la souffrance, se cache un esthète. Cultivé, mélomane et fin cuisinier, il voue une admiration sans borne au Comte de Monte-Cristo. Cette dualité fait tout le sel du personnage : il est capable de citer de la grande poésie tout en se montrant d’une violence chirurgicale et sans pitié envers ses bourreaux.
Pourquoi c’est un chef-d’œuvre ?
V pour Vendetta s’impose comme un classique de l’anticipation politique.
Avec un duo d’acteurs magistral : Hugo Weaving (inoubliable Agent Smith dans Matrix) livre une performance incroyable en jouant uniquement par la voix et la gestuelle. Face à lui, Natalie Portman insuffle une humanité poignante au personnage d’Evey.
Avec une mise en scène percutante, le film parvient à instaurer une ambiance sombre et quasi apocalyptique, tout en s’autorisant des respirations d’humour noir bienvenues.
Le scénario explore des thèmes brûlants avec une résonance actuelle : la manipulation des masses par les médias, la surveillance d’État et les dérives du sécuritarisme face au terrorisme.
Avec son message politique puissant et son esthétique soignée, V pour Vendetta dépasse le simple film d’action pour devenir une réflexion profonde sur la liberté.
Tous les ingrédients sont réunis pour classer « V pour Vendetta » comme un classique du cinéma d’anticipation.
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