S’il existe un groupe qui définit l’essence même du rock alternatif, ce sont bien les Pixies. Leur influence est telle qu’un certain Kurt Cobain avouait sans détour avoir tenté de copier leur dynamique sonore (le fameux contraste calme/explosion) pour écrire Smells Like Teen Spirit.
Le choc de ma découverte des Pixies
Ma rencontre avec l’univers de Black Francis et sa bande remonte à la fin de l’année 1997. Tout a commencé par l’achat de leur premier best-of, l’incontournable « Death to the Pixies », dont l’édition limitée était accompagnée d’un live incroyable.
L’écoute fut une véritable déflagration. Le son des Pixies possède cette signature brute et imprévisible qui marque au fer rouge. Dans mon panthéon personnel, ce choc auditif se place aux côtés de ma découverte de Nirvana et, plus tard, de la grâce de Jeff Buckley.
C’est en creusant leur discographie que les pièces du puzzle se sont assemblées. J’ai réalisé avec surprise que le leader, Frank Black (anciennement Black Francis), était l’auteur derrière deux pépites de mon adolescence : « Headache » et « You Ain’t Me ». Parallèlement, la présence de Kim Deal à la basse prenait tout son sens ; elle qui allait plus tard porter The Breeders vers les sommets avec l’irrésistible et génial « Cannonball ».
La Genèse de Where is My Mind ?
Au cœur de cet héritage trône le titre « Where Is My Mind? » issu de l’album « Surfer Rosa » en 1988. Bien plus qu’une simple chanson, c’est une titre onirique portée par un riff de guitare iconique. Pourtant, son origine est pour le moins insolite.
L’inspiration est venue à Black Francis alors qu’il était étudiant. Lors d’un voyage aux Bahamas (ou à Porto Rico), il faisait de la plongée sous-marine lorsqu’un tout petit poisson s’est mis à le suivre de manière agressive, semblant vouloir lui « parler ». Cette sensation de déconnexion aquatique, avec les « pieds en l’air et la tête au sol » (With your feet on the air and your head on the ground), a donné naissance à l’idée centrale du morceau.
L’histoire raconte que Francis a finalisé le titre dans sa salle de bain pour avoir de l’intimité. C’est un simple encouragement de sa femme de l’époque, passant la tête par la porte en disant : « Celle-là est vraiment bonne, finis-la », qui a transformé cette anecdote de plongée en hymne rock.
De l’anonymat au mythe « Fight Club »
Étrangement, à sa sortie en 1988, la chanson n’est pas un tube et n’a même pas de clip. Il faudra attendre 1999 et son utilisation magistrale par David Fincher pour la scène finale de Fight Club pour qu’elle devienne le phénomène mondial que l’on connaît.
Depuis, sa postérité est immense. Elle a été réinterprétée avec brio par des artistes comme Placebo ou Nada Surf, prouvant son universalité. Aujourd’hui encore, les Pixies demeurent une référence absolue. Je ne les écoute pas par nostalgie, mais avec un plaisir intact, comme si chaque note de Where Is My Mind? conservait, pour l’éternité, son mystère originel.
Poster un Commentaire