Sénatoriales 2026 en Seine-Maritime : la gauche en tête des voix, la droite en tête des sièges

Les grands électeurs de Seine-Maritime ont renouvelé leurs sénateurs. Au terme d’un scrutin indirect de liste, le paradoxe est saisissant : la gauche arrive en tête en nombre de voix, mais c’est bien la droite qui repart avec le plus grand nombre de sièges.

Les résultats

L’union de la droite et du centre, emmenée par la sénatrice sortante Agnès Canayer, franchit la barre des 1 152 suffrages exprimés, ce qui lui permet de décrocher trois sièges — pour Agnès Canayer (apparentée LR), Pascal Martin (Horizons) et Catherine Morin-Desailly (Les centristes), tous sortants.  La liste d’union de la gauche « Nos communes, notre avenir », conduite par Bastien Coriton (PS/Écologistes/Place publique), recueille 726 voix et obtient un siège, tout comme la liste communiste « Avec Céline Brulin, mettons la commune au cœur de la République », qui totalise 609 suffrages et permet à la sortante de conserver son fauteuil.

Le Rassemblement national, mené par Léon Levasseur, engrange 406 voix et fait ainsi élire son premier sénateur dans le département. La France insoumise, avec 90 suffrages, n’emporte aucun siège, pas plus que Reconquête (13 voix) ni les trois listes divers centre et droite, qui cumulent ensemble 102 suffrages (72, 17 et 13).

Majoritaire en voix, minoritaire en sièges

Additionnées, les voix de gauche atteignent 1 335 suffrages (726 pour la liste PS/Écologistes/Place publique et 609 pour la liste communiste), soit 81 de plus que l’union de la droite. En y ajoutant les 90 suffrages de La France insoumise, le bloc monte à 1 425. La droite, avec ses 1 152 voix renforcées des 102 suffrages des listes divers centre, plafonne à 1 254.

Pourtant, au moment du partage des sièges, l’arithmétique est cruelle : la gauche n’obtient que deux élus — Bastien Coriton (PS), maire de Rives-en-Seine, qui entre pour la première fois au Palais du Luxembourg, et la sortante Céline Brulin (PCF) — tandis que la droite en conserve trois, après en avoir cédé un au RN.

Le RN fait son entrée

Autre enseignement du scrutin : le Rassemblement national fait élire son premier sénateur dans le département, en la personne de Léon Levasseur, ancien maire de Cailly. Avec 406 suffrages, soit près de moitié moins que la liste PS/Écologistes/Place publique, la formation d’extrême droite décroche pourtant le même nombre de sièges qu’elle. Reconquête, avec ses 13 voix, demeure marginale.

Un siège perdu par la droite, pas par la gauche

En 2020, la Seine-Maritime envoyait au Sénat quatre élus de droite et deux de gauche. Le paysage de 2026 compte désormais trois sénateurs de droite, deux de gauche et un du RN. La droite perd donc un fauteuil — au profit du Rassemblement national, et non de la gauche, qui conserve ses deux sièges.

La leçon de l’union

Le véritable regret de ce scrutin se joue à gauche. Fragmentée en trois listes — PS/Écologistes/Place publique, PCF et LFI —, alors que socialistes et écologistes avaient pour la première fois fait liste commune, la gauche a laissé un siège sur la table. Unie, elle totalisait largement de quoi faire élire un troisième sénateur quand sa dispersion n’a permis d’en sauvegarder que deux.

Symbole de cette dispersion coûteuse : Bénédicte Martin, l’élue écologiste de Fécamp qui occupait la deuxième position de la liste menée par Bastien Coriton, a manqué de 43 voix par rapport à la mécanique du scrutin proportionnel pour devenir sénatrice.

Une leçon à méditer pour les prochaines échéances électorales.

 

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