
Le 24 septembre 1991 sortait Nevermind, le deuxième album de Nirvana après Bleach. Produit par Butch Vig (futur membre de Garbage), cet opus allait propulser le trio de Seattle sur la scène internationale et bouleverser durablement l’histoire de la musique rock et alternative.
En propulsant le grunge sous les projecteurs, Kurt Cobain, Krist Novoselic et Dave Grohl ont ouvert la voie à toute une scène. Aux côtés de Pearl Jam, Soundgarden et Alice in Chains, ils ont ancré le son de Seattle au cœur des années 1990. L’opus est tiré par son premier extrait, Smells Like Teen Spirit. Véritable hymne générationnel, ce titre, soutenu par un clip dans une boum sordide peuplée de figurants recrutés dans les bars de Los Angeles, allait devenir l’un des plus diffusés de l’histoire de MTV. Anecdote savoureuse : le titre vient d’un graffiti laissé par Kathleen Hanna (Bikini Kill) sur le mur de Cobain — « Kurt smells like Teen Spirit », du nom d’un déodorant pour adolescentes. Cobain ne comprit l’allusion que des mois après avoir écrit la chanson.
Si Smells Like Teen Spirit a servi de détonateur, l’album regorge de pépites restées gravées dans la mémoire collective : Come as You Are, In Bloom, Lithium, Territorial Pissings, Polly, Stay Away ou Something in the Way. Des morceaux à la fois bruts, mélodiques et viscéraux. Sur ce dernier titre, la légende veut que Cobain l’ait enregistré depuis une baignoire du studio ; en réalité, il posa sa voix et sa guitare allongé sur le canapé de la régie, Vig jouant de la basse par-dessus.
Pour moi, l’apprentissage du rock s’est fait par un véritable choc. J’ai découvert Nirvana à l’annonce de la mort de Kurt Cobain en avril 1994, à l’aube de mes 14 ans, et cela reste une expérience marquante.
Passer de la dance des radios ados à la claque de Smells Like Teen Spirit a agi comme une révélation. Il s’en est suivi ma quête, en cassette audio, du MTV Unplugged in New York, puis mon retour aux sources avec Nevermind et In Utero. Une trajectoire musicale que j’ai partagée avec des millions d’adolescents, pour qui ce groupe est devenu le pilier de nos années de collège et de lycée.
35 ans plus tard, l’impact de Nevermind demeure intact. Porté par un succès fulgurant — plus de 30 millions d’exemplaires vendus dans le monde, certification Diamant aux États-Unis et première place du Billboard début 1992, détrônant Michael Jackson —, c’est un album charnière qui a balayé le superficiel pour redonner au rock son urgence et son authenticité.
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