Il y a 100 jours, Madame Talaldun-Chauvel était élue maire d’Yvetot. Le temps du premier bilan est venu. Et si l’on reprend les engagements pris par la candidate elle-même durant la campagne, l’écart avec la réalité mérite d’être questionné.
La candidate avait fait, dans l’une de ses vidéos de campagne, de la démocratie locale et de la concertation la priorité de ses 100 premiers jours. Finalement, les grands débats publics annoncés — vidéoprotection, sécurité, cadre de vie, mobilité, solidarités — n’ont pas eu lieu.
Dans le même temps, les comités de quartier restent en sommeil. Lors du dernier conseil municipal, Madame la Maire a d’ailleurs elle-même reconnu qu’aucun élu de sa majorité n’était en charge de leur animation.
Quant au marché de Noël à la salle du Vieux Moulin, avec les artisans locaux, il a été annulé.
Sur la transparence, l’écart entre le discours de campagne et les faits est tout aussi frappant. La tête de liste avait assuré devant les caméras qu’aucun membre de sa majorité n’était encarté dans un parti ; or, l’appartenance politique de plusieurs membres de son équipe (LR, RN…) a depuis été confirmée.
Sur le bilan matériel, la nouvelle équipe communique largement sur des inaugurations, récompenses, animations et projets initiés sous la mandature précédente, pour lesquels elle n’a jamais joué aucun rôle. On notera aussi, comme l’a relevé M. Lefebvre, conseiller municipal d’opposition, que les indemnités de la nouvelle maire ont été augmentées d’environ 800 euros par mois par rapport à son prédécesseur.
Quant à la promesse de rallumer l’éclairage public la nuit, la municipalité, après un examen plus approfondi, a finalement repris à son compte les arguments avancés par l’ancienne équipe : peu, voire pas, de changements sont à attendre. Un choix que l’on peut comprendre au vu des contraintes budgétaires, mais qui aurait gagné à être assumé comme tel dès le départ, plutôt que d’être présenté comme une simple promesse de campagne destinée à gagner des voix.
Les conseils municipaux, diffusés en direct sur la page Facebook de la ville, donnent à voir de nombreuses approximations, méconnaissances et erreurs. Ces débuts difficiles ne sont pas exceptionnels pour une nouvelle majorité, mais ils tranchent avec l’image de maîtrise mise en avant durant la campagne. On peut aussi regretter que les commentaires soient systématiquement désactivés sous ces vidéos, ce qui prive les Yvetotais d’un espace d’échange.
Sur des dossiers concrets — l’avenir de la galerie Duchamp, la politique culturelle… —, les réponses de la majorité sont pour l’instant renvoyées à plus tard. Un flou qui rappelle que le programme de campagne de la nouvelle majorité restait très général et n’était pas du tout chiffré.
Pendant la campagne des municipales, le président de la communauté de communes Yvetot Normandie ; conseiller départemental du canton d’Yvetot et maire d’Allouville-Bellefosse, affirmait que « Yvetot mérite mieux ».
100 jours plus tard, chacun peut désormais confronter cette formule aux faits.
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